Peine «maximale», condamnation sans preuve ou justice politique… Décryptage des éléments de langage avancés par les soutiens de l’ex-président pour décrédibiliser la décision des magistrats dans l’affaire libyenne.
Il fallait s’y attendre. A peine le jugement du tribunal correctionnel de Paris avait-il été prononcé à l’encontre de Nicolas Sarkozy, jeudi, que contre-vérités et approximations envahissaient l’espace public et médiatique. L’ex-chef d’Etat a été condamné à cinq ans de prison ferme et passera par la case prison, une première. Immédiatement, l’habituelle antienne contre l’institution judiciaire s’est élevée, ciblant ce «gouvernement des juges» qui n’aspirerait à rien d’autre qu’à se payer un ancien président de la République. Un refrain faisant fi des dix années d’instruction, des 73 tomes de procédure, des 54 perquisitions, des demandes d’entraide pénale internationale dans plus de 20 pays, et des trois mois de procès, durant lesquels les prévenus ont pu s’exprimer. «Une décision politique», a déclaré l’avocat de Sarkozy, Jean-Michel Darrois. «Une peine extrêmement sévère», a estimé le député UDR Eric Ciotti. «Un traitement exceptionnel, que rien ne justifie», selon le vice-président des Républicains, François-Xavier Bellamy. Libération décrypte ces fausses affirmations.
Par Ismaël Halissat et Chloé Pilorget-Rezzouk