Malgré le conflit Israël-Iran et la possibilité d’un choc pétrolier, Donald Trump continue de perturber l’économie mondiale avec sa guerre tarifaire. Entre représailles et reculades, la croissance est menacée sur toute la planète.
Kananaskis : 156 habitants, des sommets enneigés, 4 000 km² de nature, un golf, un palace. Du 15 au 17 juin, ce hameau des Rocheuses canadiennes a accueilli un G7 sous tension. La quiétude des lieux tranchait avec l’escalade tarifaire relancée par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier dernier. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, maître de cérémonie, espérait que l’air de la montagne infléchirait la ligne dure américaine. Mais l’attaque israélienne lancée le 13 juin contre l’Iran (lire pages 24 et 25) a fait dérailler l’agenda. L’une des dernières cordes de rappel face à l’inflation induite par la guerre tarifaire s’est brutalement distendue, le baril s’envolant de plus de 10 %. Tous les scénarios sont ouverts, y compris celui d’un choc pétrolier avec un cours du brut à 100 dollars si d’aventure, le détroit d’Ormuz venait à être fermé. « Ce serait du suicide, car cette action bloquerait aussi les exportations iraniennes », explique Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Et que l’on ne compte pas sur Donald Trump pour réduire le degré d’incertitude qui plombe la croissance mondiale. A Kananaskis, après avoir regretté l’absence de la Russie et accordé quelques rendez-vous bilatéraux à ses homologues, notamment au Premier ministre britannique, Donald Trump a précipitamment rembarqué pour Washington, refermant brutalement la parenthèse canadienne d’un possible dégel tarifaire.
Par Maxime Hanssen