Quelques heures après avoir annoncé l’organisation surprise d’un vote de confiance, François Bayrou a reçu L’Express à Matignon pour répondre à nos questions.
C’est un homme qui a surpris son monde et un Premier ministre en sursis qui nous reçoit à l’hôtel Matignon en ce début de soirée, le lundi 25 août. Trois heures avant, François Bayrou avait annoncé en conférence de presse qu’il solliciterait un vote de confiance lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, convoquée le 8 septembre. Il nous reçoit dans son bureau du premier étage, d’où est sorti quelques minutes plus tôt un ballet d’hommes et de femmes en costume, le pas pressé, la mine affairée. Le Premier ministre, lui, paraît groggy. « Je me battrai comme un chien », assure-t-il pourtant. Et il répète : « Comme un chien. » Pendant tout le temps que dure l’entretien, son téléphone tintinnabule. Messages, appels, pushs. Sur TF1, Olivier Faure vient d’annoncer que le PS ne voterait pas la confiance. Ce qui laisse la porte ouverte à une abstention, laisse entendre le Premier ministre (le lendemain, le même Faure annoncera que le PS votera contre) avant de se raviser : « Je ne suis pas dans le marchandage ; je crois que nous sommes devant l’Histoire, vraiment. »
PAR ARNAUD BOUILLIN, ERIC CHOL ET ANNE ROSENCHER