Paris Match - MISS AGRICOLE 2026 LA REL VE EST ASSUR E Éleveuse de chèvres angoras, Crystèle Gourjade incarne, à 24 ans, l’engagement des femmes dans le monde paysan

Elle affiche les couleurs de l’optimisme dans un univers de plus en plus crépusculaire. Entre l’abattage de troupeaux pour cause de dermatose nodulaire etl’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, les nuages s’amoncellent sur l’élevage français. Crystèle recevra son écharpe de Miss à l’occasion du Salon de l’agriculture, qui se tient jusqu’au 1ermars, à Paris. Ce concours, créé en 2014, salue cette fois l’énergie d’une exploitante du Tarn qui mise sur l’excellence du made in France : seule sur 38 hectares, cette fille d’agriculteurs gère un troupeau de 60 têtes, une ferme pédagogique, la vente des tricots… Elle ne compte pas ses heures, mais de ce rude labeur naît un mohair d’une infinie douceur.

A peine âgée de 5 ans, Crystèle aimait déjà ces aubes drapées de brume épaisse où elle entrevoyait dans l’étable, de l’autre côté du chemin, son père affairé à nourrir les vaches. Pour rien au monde la fillette n’aurait manqué ce rendez-vous du dimanche où elle avait le droit de sortir les bêtes avec lui pour les mener de l’étable au pré. Un bâton dans une main, chaussée de bottes un peu trop grandes, elle avait appris à imiter les intonations et mimiques de son père, pour que les vaches lui obéissent aussi. Toute gamine, elle avait déjà compris que cette ferme du lieu-dit La Roussarié, perchée sur les hauteurs de Saint-Jean-de-Vals, dans le Tarn, était sacrée. Cinq générations s’y étaient succédé et chacun, au fil du temps, l’avait enrichie d’un lopin de terre, agrandissant l’exploitation de 5 à 38 hectares. Une devise unique à travers les âges : « Les bêtes passeront toujours avant nous. »

De notre envoyée spéciale à Saint-Jean-de-Vals (Tarn) Charlotte Leloup