Premier pape américain, ce polyglotte aux racines européennes et africaines a imposé doucement et fermement une vision où l’humain prime, à la fois sociale et démocratique. Son credo : préserver l’unité de l’Église.
En cette fin août encore écrasée de chaleur, la foule venue assister à l’audience générale sur la place Saint-Pierre, à Rome, pousse des cris en apercevant enfin la silhouette vêtue d’une chasuble blanche véhiculée par la Papamobile. « Pape, on t’aime », piaille un bambin surexcité. Demi-sourire timide sur un visage hiératique, Léon XIV prononce, d’une voix douce, des mots qui résonnent avec le chaos du monde : « Face au changement rapide et profond que nous vivons aujourd’hui, il n’est pas possible de rester des spectateurs désintéressés. » Quinze mois plus tôt, le 8 mai 2025, sous l’œil des caméras du monde entier, le visage d’un cardinal inconnu, que les vaticanistes n’avaient même pas mis sur la liste des « papabiles », était apparu à la loggia de la basilique Saint-Pierre. « La paix soit avec vous tous ! » Salué par une immense clameur de joie, le pontificat de Robert Francis Prevost, 267e successeur de saint Pierre, s’ouvrait par ces mots : un manifeste.
Par Delphine Déchaux (envoyée spéciale à Rome)