Personne ne pouvait imaginer l’union du couturier baroque et de la célèbre enseigne grand public. Nouveau partenaire de Zara, John Galliano a répondu à toutes nos questions sur cette flamboyante collaboration.
L ’ANNONCE, EN MARS DERNIER, DE CE « PARTENARIAT ARTISTIQUE » avait surpris tout le monde. D’un côté, l’Anglais John Galliano, dans l’ombre depuis son départ de Maison Margiela, en décembre 2024. De l’autre, Zara, mastodonte espagnol dont les boutiques s’éparpillent à travers le globe. Le premier est l’incarnation de la mode des années 2000, flamboyante jusqu’à l’excès, quand le second illustre la folle évolution de cette industrie toujours plus rapide. Les voilà pourtant associés pour deux ans autour d’un projet très secret. Il a donc fallu batailler pour tirer les vers du nez au créateur anglais. Et le croire sur parole lorsqu’il nous a décrit, par mail, cette ligne 100 % gallianesque, intitulée Re{form}, pour dandys et divas d’un autre temps, où se mêlent maille, tailoring et robes vaporeuses, dans un mélange des genres on ne peut plus Galliano, roi du trompe-l’œil et du télescopage d’époques. C’est baroque, dramatique et à mille lieues de ce que l’on trouve actuellement sur les portants. À l’image du couturier anglais, à qui le Costume Institute du Met, à New York, avait choisi de rendre hommage en mai 2027 avec une rétrospective hors norme, finalement annulée suite à de nombreuses critiques autour de la glorification de celui dont les insultes antisémites proférées en 2011 lui avaient valu d’être mis à pied de la maison Dior. Une décision prise par Galliano lui-même, qui cherche aujourd’hui plus que jamais l’apaisement pour continuer à faire ce qu’il a toujours aimé : créer.
PAR MARGAUX KREHL