Libération - Voyages dans le ton

Explorer l’infinité des espaces entre les notes est le credo des artistes de musique microtonale. Une pratique, vieille comme la musique, connaît un nouvel élan grâce à des compositeurs iconoclastes adeptes des réseaux sociaux.

«T’as écouté Angine de Poitrine ?» Combien de fois cette question a-t-elle été entendue au détour d’une conversation ? Depuis février 2026 et la publication de leur session live KEXP filmée au festival rennais Trans Musicales, les accoutrements hallucinés du duo québécois, leurs silhouettes à pois et leurs nez qui pendouillent n’en finissent plus de susciter la curiosité, jusqu’à les emmener se produire au Tonight Show de l’Américain Jimmy Fallon le 14 septembre dernier. Au-delà de leur dégaine, un autre élément a contribué à cette soudaine ascension, l’étrangeté de leur musique, notamment conçue sur une guitare-basse à double manche dont les frettes semblent inhabituellement rapprochées ce qui leur permet d’explorer, un peu, l’insondable univers de la microtonalité. Un terme peu vendeur qui se répand pourtant doucement, grâce aux deux zozos certes, mais aussi à Maddie Ashman, Horse Lords, et même le clownesque Jacob Collier, notamment via les réseaux sociaux. Pas un genre musical, pas un mouvement. Plutôt une façon d’ouvrir ses oreilles.

Par Brice Miclet