Politis - DERRIÈRE LA «FERME FRANCE»

Alors que la « ferme France » à tendance industrielle du président Macron irrigue les discours du gouvernement dès qu’il faut reconquérir le cœur des agriculteurs et agricultrices, nombreux sont celles et ceux qui s’en sentent exclu·es, qui pratiquent et défendent la paysannerie, pourtant solution d’avenir.

vril 2020. Emmanuel Macron se rend dans une exploitation agricole du Finistère afin de saluer celles et ceux qui « permettent de nourrir le pays » en cette période de pandémie mondiale de covid-19. « Merci à la ferme France. Elle a tenu. On peut en être fiers », s’écrie-t-il, avec en fond de scène une serre lumineuse de 4,5 hectares où poussent, hors-sol, d’immenses pieds de tomates déjà bien rouges. Deux ans plus tard, au Salon de l’agriculture, il évoquait « des entrepreneurs du vivant à ciel ouvert », lors d’une campagne du plan France relance, censée ranimer « l’attractivité des métiers de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la forêt, du paysage, de la pêche et de l’aquaculture ». En 2023, une proposition de loi « pour un choc de compétitivité en faveur de la ferme France » était adoptée au Sénat, notamment portée par le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb.

DOSSIER RÉALISÉ PAR VANINA DELMAS