Plébiscités sur les réseaux sociaux, les romans sentimentaux font aussi un tabac en librairies. Et attisent les rivalités entre maisons d’édition, qui cherchent à se démarquer pour profiter de cette nouvelle poule aux œufs d’or.
C’est l’histoire de Lily Bloom, jeune femme à l’enfance traumatisante qui enterre son père violent puis ouvre une boutique de fleurs à Boston. Elle rencontre Ryle, un neurochirurgien dont elle tombe éperdument amoureuse. Jamais plus, ouvrage de l’Américaine Colleen Hoover sorti discrètement en 2016, a vu ses ventes exploser l’an dernier. Le livre s’est écoulé à plus d’1 million d’exemplaires à travers le monde (750 000 en France) et vient d’être adapté au cinéma. « C’est par le succès de Colleen Hoover que les Français ont découvert la nouvelle romance », raconte Marine Flour, responsable éditoriale d’Hugo Publishing, filiale de Glénat. Dans un contexte morose pour le marché de l’édition, frappé par la crise du papier et la baisse du pouvoir d’achat, la new romance est la nouvelle poule aux œufs d’or. Le genre littéraire qui revisite les codes des romans sentimentaux a même sauvé le marché du livre en 2023, selon le cabinet GfK : les ventes de romance ont doublé, avec 6 millions d’exemplaires écoulés. Ces textes représentent 7 % du marché du livre.
Alix Coutures