Vanity Fair - CAMILLE COTTINL’artde lamétamorphose

Avec son sens du comique et sa puissance émotionnelle, elle réunit tout ce qui définit une grande actrice, aussi à l’aise à Hollywood que sur la scène d’un théâtre parisien. Vie de famille, plan de carrière (ou pas), Camille Cottin s’est confiée à Norine Raja.

Il y a trois ans, assise sur le canapé d’une suite d’un grand hôtel, elle me fredonnait Johnny, Johnny, de Jeanne Mas, récit d’une passion amoureuse. Puis elle évoquait un autre morceau qui avait marqué son enfance, Copper Kettle, de Joan Baez. Un titre folk sur la distillation du whisky, devenu une berceuse pour sa petite sœur. « Je ne savais pas ce que je lui chantais, dit-elle aujourd’hui en riant. Je ne maîtrisais pas hyper bien l’anglais ! » Comment en était-on arrivé là ? Mystère. Mais cet échange m’avait persuadée d’une chose : Camille Cottin ferait une parfaite héroïne de comédie musicale. Une variation de l’exubérante Funny Girl ou de la mère hippie de Mamma Mia ! Entretemps, l’actrice ne s’est pas exilée à Broadway, à mon grand désespoir. Mais elle a (re)donné de la voix dans Toni, en famille (2023), de Nathan Ambrosioni. L’histoire d’une mère d’adolescents, ancienne vedette de la Star Academy, en quête de réinvention. Elle est même allée jusqu’à enregistrer en studio Pas qu’un peu, le titre qui a fait la gloire de son personnage. Au menu, paroles accrocheuses – « Je ne suis pas celle que tu crois / Je suis beaucoup plus que ça » – et « Yeah Yeah » dignes d’une chanteuse de R&B des années 1990. « Elle a quelque chose de très particulier dans le ton de sa voix, expliquait Nathan Ambrosioni. Sa scansion, sa façon de s’exprimer, une langueur mêlée d’autorité et de tendresse dont j’avais besoin. »

Photographie Sofia & Mauro Styliste Timothé Grand-Chavin