Le Point - À Palmyre, l’effervescence de la nouvelle Syrie

Carrefour stratégique. Délivrée du régime d’Assad, l’oasis s’organise pour éviter l’anarchie. À l’image du reste du pays.

Un véhicule blindé couleur camouflage déboule dans une ruelle de Palmyre, la musique à plein volume. Une poignée de miliciens hirsutes, armes en bandoulière, descendent d’un bond au son de la voix de Madonna, qui chante « La Isla Bonita ». Rebelles syriens originaires de Palmyre, ils célèbrent en fanfare leur retour au bercail après l’effondrement du régime de Bachar el-Assad. Leur chef, Abou Adel, arrive du nord et reprend le contrôle de ses troupes. Cet homme élancé de 32 ans, vêtu d’un survêtement russe, distribue les ordres en rafales. Il envoie l’un de ses combattants remorquer un véhicule, un autre chercher de l’essence. Ancien commandant de l’Armée nationale syrienne (ANS), une coalition de factions islamistes proturques, il s’est rallié à Hayat Tahrir al-Cham (HTC) depuis un an. Adoubé par le groupe d’Al-Joulani, il est désormais le patron de Palmyre, celui qui doit y restaurer l’ordre. Son frère, Abou Douma, est chargé des relations politiques et doit assurer la transition la moins chaotique possible. Les deux frères, qui ont été parmi les premiers manifestants, dans la ville, à se soulever contre la tyrannie du régime, en mars 2011, sont accueillis en héros. Leur tâche est immense.

DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX À PALMYRE (SYRIE), GUILLAUME PERRIER ET DAHAM ALASAAD. PHOTOS : ANTOINE AGOUDJIAN