Paris Match - TOUS SOLIDAIRES!

Avec les moyens du bord, résidents et bénévoles s’organisent contre le désastre qui vient Une lance fabriquée à l’aide d’un tuyau, d’une cuve et d’une motopompe. Ils n’ont pas l’uniforme des soldats du feu mais le même sens de l’engagement. Pour soulager les sapeurs épuisés, ces agriculteurs locaux ravitaillent leurs camions et noient les fumerolles sur leur chemin. Tracteurs, utilitaires, 4x4… Comme eux, des centaines de volontaires ont convergé vers l’incendie, parfois avec des citernes pouvant contenir jusqu’à 20000 litres d’eau, la capacité de trois Canadair. D’autres se sont organisés pour nourrir les forces de sécurité civile, héberger des déplacés, collecter des dons pour ceux qui ont tout perdu… Une mobilisation sur tous les fronts.

« Quand vous voyez un pompier descendre de son camion, noir de suie, épuisé, hagard, vous avez envie de le prendre dans vos bras et de lui faire un câlin. » Frédéric appartient à ces héros anonymes qui prennent leur part aux côtés des soldats du feu. Avec son associé, Antonin, ils possèdent un foodtruck bistronomique dont ils ne veulent pas citer le nom, par décence. « On ne veut pas se faire de pub. » Depuis le 23 juillet, ils l’ont tanqué au poste de commandement de Lège, base arrière des secours. Comme le moral est souvent au fond de la gamelle, le jeune restaurateur ambulant a appelé le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville, et lui a proposé de cuisiner gratuitement, avec son frère Maxime et Antonin, pour toutes les femmes et les hommes engagés dans le combat, sapeurs-pompiers, gendarmes, volontaires, employés municipaux, agents de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI). « Nous servons 800 repas par jour », dit Frédéric. Il a reçu les marchandises des restaurateurs qui ont dû fermer boutique à cause des évacuations, mais aussi de certains de ses fournisseurs qui souhaitaient apporter leur obole. « Le reste, c’est à nos frais… » Service continu de 10 h 30 à minuit et demi. Les trois cuisiniers dorment sur place. La nuit, des bénévoles préparent des sandwichs pour que les combattants puissent manger à toute heure. « Cette crise fait ressortir une solidarité extraordinaire envers les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre, s’émeut Philippe de Gonneville. Cependant, il faut que ces initiatives personnelles soient validées et organisées sous la direction du commandant des opérations de secours. » Sophie Brocas, la préfète de la Gironde, a rappelé que la chambre d’agriculture du département coordonnait les propositions et avait mis en ligne un formulaire dédié.

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE EN GIRONDE FLORENCE SAUGUES