Le Point - La tragédie française

Bombe. En demandant un vote de confiance à l’Assemblée le 8 septembre, le Premier ministre met le feu à la rentrée politique. Pendant ce temps, la France se rapproche chaque jour du chaos financier.

Chute du gouvernement, procédure de destitution du chef de l’État, absence de budget, dissolution, crise de régime, cohabitation, démission du président, présidentielle anticipée… Comme un remake des heures sombres qui ont suivi les élections européennes du 9 juin 2024, voilà le pays de nouveau plongé dans l’inconnu et saisi de stupeur à l’annonce du rendez-vous du 8 septembre. Le testament du Premier ministre. Car, sauf improbable retournement d’ici là, compte tenu des déclarations sans équivoque des forces politiques d’opposition quant à leur vote sur la confiance que sollicite François Bayrou, le maire de Pau devra quitter Matignon. Une sortie précipitée plutôt que subie sur une censure budgétaire, scénario sans doute préféré par le Béarnais selon les tenants de la thèse de la démission déguisée ou de l’opération harakiri, que démentent pourtant ses proches. Rappelons qu’il y a soixante-dix ans, en 1955, c’est à la suite d’un vote de confiance perdu et après avoir porté haut la promesse de vérité qu’un certain Pierre Mendès France, l’idole du Béarnais, a tiré sa révérence en tant qu’éphémère président du Conseil.

PAR HADRIEN BRACHET, CHARLES SAPIN, NATHALIE SCHUCK ET MATHILDE SIRAUD. PHOTOS : ÉLODIE GRÉGOIRE