Paris Match - Louane L’EUROVISION À L’HORIZONLa chanteuse défendra les couleurs de la France à Bâle. Et pourrait bien rassembler tous les suffrages

Elle s’est imposée comme la « petite sœur des Français ». Devant 400 millions d’Européens, elle pourrait devenir le visage de l’exploit. À 28 ans, tout semble réussir à l’artiste qui affiche déjà une décennie de carrière, cinq albums et un César du meilleur espoir. Rien n’était pourtant écrit pour cette hypersensible qui fut une enfant hyperactive, allergique à l’école, harcelée au collège et orpheline avant même son bac. Des blessures qui ont doté Anne Peichert, son vrai nom, d’une maturité à toute épreuve. Celle qui joue et chante comme elle respire a toutes les chances de briser la malédiction d’un trophée insaisissable depuis 1977. Louane espère que le 17 mai sera pour elle le « jour 1 » : celui qu’on retient.

Attention, soirée sacrée à Hénin-Beaumont ! Une fois par an, les Peichert se retrouvaient tous les huit devant leur écran de télévision pour suivre ensemble la finale de l’Eurovision. Pas question d’envisager un apéro entre potes, encore moins de les inviter à dîner ce soir-là. « Mes parents refusaient systématiquement, parce que l’Eurovision, c’était notre finale de Coupe du monde à nous », a raconté Louane au « Parisien ». Isabelle, sa mère, avait découvert Céline Dion en 1988 à cette occasion et était devenue une inconditionnelle de la Québécoise et de la compétition. Chaque année, vers la mi-mai, un rituel s’installe : on donne des points aux candidats et on croise les doigts pour que la France finisse en tête. Quand sa petite Anne manifeste le désir de devenir chanteuse, Isabelle est d’abord réfractaire. Mais elle s’y résout lorsque Monique, la nourrice des enfants, la convainc qu’elle est faite pour ça. Alors Isabelle se met à rêver : « Et si, un jour, ma fille gagnait l’Eurovision ? » Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Et le chemin pour arriver jusqu’à Bâle en 2025 est passé par beaucoup de larmes et peu de sourires.

Par Benjamin Locoge