LES PERTES DE MÉMOIRE SONT MULTIFACTORIELLES ET NE MÈNENT PAS NÉCESSAIREMENT AUX MALADIES NEUROCOGNITIVES LES PLUS LOURDES. BOOSTEZ VOTRE CAPACITÉ DE MÉMORISATION AU QUOTIDIEN ET, EN CAS DE DOUTE, N'HÉSITEZ PAS À CONSULTER ; LA RECHERCHE TRAVAILLE À DES AVANCÉES DIAGNOSTIQUES PROMETTEUSES.
L'espoir succède à la déception. Après l'avoir retoquée une première fois, le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a finalement autorisé la mise sur le marché du Leqembi (lecanemab) « pour le traitement des troubles cognitifs légers (troubles de la mémoire et de la pensée) ou de la démence légère due à la maladie d'Alzheimer (maladie d'Alzheimer au stade précoce) ». Le refus initial était motivé par un déséquilibre entre les bénéfices et les risques d'effets indésirables graves (œdème et hémorragie potentielle dans le cerveau). « Fort des arguments développés par le CHMP, le laboratoire a proposé d'améliorer la balance bénéfices-risques en réduisant la population susceptible de recevoir le traite ment, c'est-à-dire en excluant les patients qui avaient le plus fort risque d'effets secondaires indésirables », explique le Pr David Wallon, neurologue hospitalier au Centre Mémoire de ressources et de recherche du CHU de Rouen et président de la Fédération des Centres Mémoire. Le Leqembi (lecanemab), mis au point par le laboratoire pharmaceutique japonais Eisai et l'américain Biogen, est déjà commercialisé aux États-Unis, au Japon et en Chine pour les malades précoces. Il revendique une réduction du déclin cognitif chez les malades d'Alzheimer à un stade léger de 27 % après dix-huit mois de traitement. En Europe, l'EMA doit éditer un rapport d'approbation du médicament avec la monographie, ce qui n'était pas encore fait au moment où nous écrivons ces lignes.
PAR LENA ROSE