Quatre ans après sa défaite face à Joe Biden, Donald Trump a de nouveau ravi la présidence américaine. Les lignes de son second mandat sont claires. La façon dont son épouse compte revivre son statut de First Lady aussi. Priorité à… leur fils unique. Ce qui pose question sur l’unité du clan.
E Ensemble. Pour rejoindre la Floride, depuis New York, le 3 novembre. Y voter et célébrer la nette adhésion de l’Amérique à un programme isolationniste, sécuritaire et conservateur, le 5 novembre. Vivre « quatre années de plus » au sommet du pouvoir, comme s’en est réjoui Donald Trump, fraîchement élu 47e président des Etats-Unis. Ensemble, main dans la main, inséparables… La victoire du candidat républicain, bouté hors de la Maison-Blanche par le démocrate Joe Biden en janvier 2021, est celle d’un couple. Celui formé par son épouse, Melania, et leur fils, Barron, âgé de 18 ans depuis mars dernier. Et montre déjà une famille divisée. La première expérience de l’ex-mannequin slovène en tant que First Lady, entre 2016 et 2020, n’aura pas vraiment amélioré le quotidien des Américains, qui est l’obsession (sincère ou marketée), des femmes de Président. Emménagement à Washington six mois après l’investiture de son époux et, dit-on, une renégociation de leur contrat de mariage, refus d’apparaître à ses côtés ou de le défendre lors des premières accusations de masculinisme décomplexé, retraite entêtée dans les appartements privés de la Maison Blanche… Melania – souvent invisible ou, au mieux, impassible ; rarement audible ou, pour le pire, plagiant celles qui l’ont précédée – aura entretenu une impénétrable mystique. La faute aux autres : ses mauvais conseillers, les méchants journalistes, la bureaucratie pro-démocrate, énumère-t-elle dans Melania, autobiographie illustrée mais sans profondeur ni grande révélation – hormis la description de Donald comme un « vrai gentleman » – que la maison d’édition Skyhorse a fait paraître le 8 octobre et dont elle a assuré la promotion dans des médias complaisants dès fin septembre, telle une sprinteuse, à défaut de se mobiliser dans la campagne présidentielle depuis le début de l’année.
PAR THOMAS DURAND