A 71 ans, la papesse de la mode française nous a reçus le temps d’un entretien sur le style, les années qui passent et… la liberté conquise.
La première fois que nous devions la rencontrer chez elle, dans son appartement parisien de l’avenue Montaigne, Carine Roitfeld ne s’est pas réveillée. Nous sommes revenus le lendemain. Parce qu’elle a du charme, et curieusement une forme de grande simplicité, nous lui avons pardonné. Dans l’univers de la mode, l’ex-rédactrice en chef de Vogue, instigatrice du phénomène « porno chic » dans les années 2000 et à la tête de son propre magazine biannuel, CR, est une icône. Fidèle à elle-même, en jupe midi Balenciaga, tee-shirt Tom Ford et slingbacks Manolo Blahnik, dans le décor noir épuré qu’elle s’est choisi et où elle nous reçoit, à 71 ans, elle incarne une des figures les plus incontestées du style français. Avant qu’on commence, elle nous lance : « Soyez gentille avec moi, en interview, je peux être trop spontanée ou maladroite. Ça m’a fâchée trois ans avec Anna Wintour que j’avais traitée de marionnette à cause de mon mauvais anglais… »
PAR SÉVERINE SERVAT PHOTOS WILLIAM BEAUCARDET