Première - LA RÉVOLUTION (des Oscars) ne sera pas télévisée

Après des Golden Globes glaçant d’indifférence et d’entre-soi mondain, difficile d’imaginer ce qui pourrait bien réveiller la prochaine cérémonie des Oscars, et celles qui suivront. À moins que Youtube...

Une caméra qui saisit hors antenne les clowneries de DiCaprio et rappelle au monde entier son immense génie burlesque : c’est probablement tout ce qui restera de la dernière cérémonie des Golden Globes. Pas mal : ça fait tout de même un moment mémorable de plus que la précédente. Sauf qu’un an après l’arrivée au pouvoir de Trump et quelques jours après la mort de Renee Good abattue par des agents de l’ICE, la manière dont Hollywood allait s’emparer du climat politique transformait le gala en événement socioculturel de premier plan. Pour la première fois depuis toujours, l’exercice du discours politique effectué avec une statuette dans la main devenait moins redouté (le fameux : « Prenez votre statuette, remerciez Dieu, votre agent et cassez-vous » offert par le MC Ricky Gervais en 2020) qu’espéré. Le monde les regardait, bon sang. No pasaran ! Sauf qu’à un Mark Ruffalo près, personne ne moufta. L’éléphant était dans la pièce mais tout le monde détournait le regard. Pétrifié. Tout le monde a effectivement pris sa statuette et s’est ensuite cassé dans une indifférence embarrassée. On se frotte encore les yeux pour y croire et on pourra s’économiser de fait une nuit blanche, le 16 mars prochain.

PAR ROMAIN THORAL