Dans «JE», la romancière revisite un chef-d’œuvre du XIXe siècle pour parler des violences faites aux femmes.
Elle apparaît dans « Jane Eyre » (1847), de Charlotte Brontë. La créole Antoinette Cosway est la première épouse de l’Anglais Edward Rochester. Elle est la fille d’une riche famille, établie sur l’île de la Jamaïque. La jeune femme va être maintenue enfermée dans les combles du château de Thornfield Hall par son ténébreux mari durant dix ans. Elle est devenue « la folle du grenier ». La journaliste et écrivaine Lilia Hassaine s’empare d’un des chefs-d’œuvre de la littérature anglaise pour interroger notre époque : santé mentale, #MeToo, racisme. « JE » est un roman labyrinthique et hypnotique : tout sentiment y est réversible. Dans un style hanté par des fantômes intimes, ceux des violences faites aux femmes, elle interroge : comment des humains en viennent-ils à anéantir d’autres humains ? L’ancienne chroniqueuse de « Quotidien » sur TMC (2016-2022) et animatrice d’« Aux livres etc. » sur France Inter (2024-2026) est une enfant de son époque. Mais l’auteure de « Panorama » (Renaudot des lycéens 2023) investit un art auquel sa génération croit de moins en moins : la littérature. Elle a écrit avec « JE » un roman brûlant, à la fois personnel et politique.
INTERVIEW MARIE-LAURE DELORME / PHOTOS HÉLÈNE PAMBRUN