Non associée aux frappes américaines, mais exposée au Moyen-Orient comme sur son propre sol, la France tente d’éviter l’escalade sans renoncer à protéger ses ressortissants et ses intérêts. Une position d’équilibriste face à une guerre qui pourrait la rattraper.
La France n’a pas été informée. Encore moins associée. Les frappes israélo-américaines contre l’Iran – qui ont entraîné la mort d’Ali Khamenei et de plusieurs hauts dignitaires du régime des mollahs – ont ouvert une séquence que Paris découvre tout en en subissant les effets, à mesure que le conflit s’étend à l’ensemble des pays du golfe Persique. Cette mise à l’écart s’inscrit dans une logique désormais assumée à Washington : la National Security Strategy, datée de novembre 2025, recentre l’action américaine sur ses propres intérêts et appelle les Européens à prendre davantage en charge leur sécurité. En clair, Washington décide seul. Emmanuel Macron s’empresse de réagir, sans engager de confrontation politique avec Trump, en fixant un cap : « L’escalade militaire doit cesser au plus vite »et les négociations doivent reprendre « de bonne foi ». Mais il précise aussitôt la priorité : la sécurité de « nos compatriotes ainsi que de nos emprises au Moyen-Orient ».La position française tient dans cette tension.
Par Ahmed El Keiy