Paris Match - LOUVRELA CHASSE AU TRÉSOR

C’est ici que le diadème de l’impératrice Eugénie tire sa révérence. En apparaissant une dernière fois sur ces images extraites de la caméra de surveillance d’un parking à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), quarante-cinq minutes après le vol spectaculaire survenu dans le plus grand musée du monde. Aucun des joyaux de la Couronne dérobés le 19 octobre n’a été retrouvé. Jérémie Pham-Lê, Jean-Michel Décugis et Nicolas-Charles Torrent ont tenté de percer le mystère. Failles de sécurité, profil des suspects, sort des bijoux… Leur ouvrage, « Main basse sur le Louvre » (éd. Flammarion), raconte comme un roman policier une investigation hors du commun, qui réserve son lot de suspense et de rebondissements.

Au début de l’automne 2025, il y a un truc dans l’air. Dans les journaux, l’art s’acclimate à la rubrique des faits divers. On voit revenir les termes « disqueuse », « vitrine », « chalumeau » ; on assiste au retour bien mérité du mot « fric-frac ». Le 4 septembre, un butin estimé à 6,5 millions d’euros est dérobé au musée de la porcelaine à Limoges. Douze jours plus tard, 6 kilos de pépites d’or s’évaporent du Museum d’histoire naturelle à Paris. En quelques mois, d’autres établissements culturels français ont découvert la hantise du petit bijoutier. Jérémie Pham-Lê, journaliste au « Monde », se souvient : « À ce moment-là, on assiste à une recrudescence de ce type de casses. Faute de budget, les musées sont vulnérables et les criminels l’ont compris… Il est plus facile de s’y attaquer que de braquer une boutique de l’avenue Montaigne. » Des affaires comme celles-là, le reporter au débit mitraillette en a suivi et il est vite passé à autre chose. Il n’y avait pas matière à s’appesantir. Les voleurs avaient réussi de jolis coups, pris des objets inestimables, certes. Mais aucun d’eux n’avait vexé la France.

Récit Arthur Loustalot