Dans une interview croisée pour «Libération», l’écrivain italien antimafia Roberto Saviano et le militant Amine Kessaci, qui a enterré mardi son petit frère Mehdi tué par balles à Marseille, déplorent la solitude de leur action face au «pouvoir économique extraordinaire» des barons de la drogue.
Un mercredi pluvieux à Paris pour une rencontre inédite entre deux voix qui portent contre les narcotrafiquants. Deux hommes sous protection policière qui devaient se rencontrer, se parler. Comme une évidence. Quand Libération a proposé mercredi à l’écrivain Roberto Saviano un entretien croisé avec Amine Kessaci, 22 ans, le militant écologiste qui venait d’enterrer son frère Mehdi, la veille à Marseille, il a tout de suite accepté. Dans le viseur des mafias depuis vingt ans, notamment de la Camorra napolitaine, Saviano, 46 ans, était à Paris pour recevoir le prestigieux prix Constantinople. Ce prix, présidé par l’écrivain Metin Arditi, couronne une personnalité, auteure d’une œuvre littéraire importante (Salman Rushdie, Boualem Sansal, Elias Sanbar les années précédentes).
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