Après un bref instant d’enthousiasme lundi en apprenant que le Premier ministre voulait actionner un vote de confiance le 8 septembre, les ministres ont vite mesuré l’échec du coup de poker et tentent désormais de sauver un maximum de dossiers.
Ils sont 35 naufragés, observant leur capitaine élargir chaque jour un peu plus le trou qu’il a percé dans la coque. Rien pour sauver les ministres de François Bayrou, promis le 8 septembre à un vote de confiance perdu sur sa trajectoire de rétablissement des finances publiques. Les invitations que le Premier ministre a fini par lancer aux oppositions à partir de lundi, sur les conseils pressants d’Emmanuel Macron ? Un coup d’épée dans l’eau : le PS et le RN s’y rendront sans changer leur vote, La France insoumise et Les Ecologistes ont décliné. La tournée de Bayrou pour rallier l’opinion à ses alertes sur la dette ? Des gaffes en série. Le Premier ministre a consterné ses soutiens en déclarant mercredi sur TF1 que les «vacances» des chefs de l’opposition l’ont dissuadé de les contacter pour négocier en août. «Au secours ! C’est terriblement désobligeant»,s’émeut une ministre. Jeudi, au rendez-vous de rentrée du Medef, le chef du gouvernement s’est embourbé sur les «trois ou quatre semaines» que nécessitait l’analyse d’un courrier de Marine Le Pen resté sans réponse depuis la fin juillet, lui qui se targuait de passer son été à bûcher à Matignon. En attendant sa prochaine sortie à la foire de Châlons-en-Champagne ce vendredi. «On le laisse faire son dernier concert mais personne ne veut s’occuper de sa première partie !»griffe la ministre précédemment citée.
Par Jean-Baptiste Daoulas et Laure Equy Photo Albert Facelly