À l’approche de la présidentielle de 2027, les tentatives de déstabilisation via l’IA constituent un défi inédit pour l’intégrité du débat public. Cette « guerre cognitive » est alimentée par des acteurs étrangers mais aussi nationaux, qui exploitent l’hyperréalisme des deepfakes et la viralité algorithmique.
La désinformation est aujourd’hui perçue comme le principal risque mondial à court terme, devant les événements climatiques extrêmes et les conflits armés. Cette alerte, formulée par le Global Risks Report 2025 du Forum économique mondial, résume l’ampleur de l’inquiétude qui entoure la manipulation de l’information. « Ce risque va venir s’agréger et empirer d’autres risques », explique Thomas Delorme, chargé de recherche pour le think tank Cercle Pégase, dédié à la lutte informationnelle. Car cette dernière frappe sur tous les fronts. Sur le climat, la désinformation ralentit l’adaptation. Sur la santé, elle entrave la prévention. Et dans le débat démocratique, elle nourrit la polarisation. C’est une nouvelle forme de « guerre cognitive », dans laquelle l’intelligence artificielle (IA) constitue une arme de déstabilisation massive, que la France se prépare à affronter dans la perspective de la présidentielle de 2027.
Texte MARIANA GRÉPINET Illustration PAUL BLOW