Suspens. Au jeu des pronostics, ils tiennent la corde. Mais le conclave, profondément remanié par François et peuplé d’inconnus, pourrait générer une surprise…
«Qui entre papabile au conclave, en ressort cardinal… » C’est un fameux adage romain que les (nombreux) observateurs se repassent, avec un air entendu, lors des réunions interminables qui entourent l’élection d’un pape. Traduction pour les profanes : celui qui est donné favori pour siéger sur le trône de saint Pierre – en italien, « papabile » – a de grandes chances de ne pas être élu. Et tant pis si la formule a été parfois démentie par les faits. La dernière grande surprise sortie d’un conclave fut l’élection de Karol Wojtyla, devenu Jean-Paul II, que personne n’avait vraiment vu venir. Son successeur, Joseph Ratzinger/Benoît XVI, était son numéro deux, gardien inflexible du dogme catholique et donné archifavori. L’irruption de Jorge Bergoglio/ François sur le balcon de la basilique Saint-Pierre a fait sensation, même si l’on a appris par la suite qu’il était déjà dans les favoris la fois précédente.
PAR JÉRÔME CORDELIER