L'Express - Ces représailles que Téhéran pourrait fomenter en Europe

Les mollahs ont théorisé le recours aux attentats dans les pays occidentaux. Parmi leurs cibles, les juifs, les Américains et les voix critiques du régime.

Juin 2024. La police française interpelle Bashir Biazar, un Iranien de 41 ans résidant à Dijon depuis 2022. Cet ancien chef du département de la musique de la télévision publique iranienne a rejoint son épouse et ses enfants au titre du regroupement familial, en provenance de Londres, où il exerçait au sein d’une association proche du régime islamique. Depuis des mois, la DGSI s’est convaincue qu’il s’agit d’un agent dormant possiblement dangereux. Devant le tribunal administratif de Paris, le 3 juillet, le représentant du ministère de l’Intérieur le décrit comme un « agent d’influence, un agitateur qui promeut les vues de la République d’Iran et, de manière plus inquiétante, procède au harcèlement des opposants au régime ». Mais pas seulement. Un « membre d’Al-Qods », dit-il aussi, l’unité d’élite du corps des Gardiens de la révolution, chargée notamment des attentats en Occident. Selon Le Point, l’arrêté d’expulsion du territoire français évoquera même des velléités d’action « contre des opposants iraniens ou des cibles juives ou israéliennes ». La France redécouvre la menace iranienne. A bas bruit, pour l’heure.