À l'occasion de la sortie de Cucul, satire hilarante signée Camille Emmanuelle, on a voulu comprendre en quoi et pourquoi ce genre littéraire romantise les violences sexistes et sexuelles.
Il manquait au prince Harry quelques pectoraux et un profil de prédateur pour conserver la tête des ventes avec ses Mémoires, parus en France début 2023 sous le titre Le Suppléant. Deux semaines après sa sortie, son livre était détrôné par celui d'une autrice inconnue du grand public, Sarah Rivens. Laquelle mettait en scène Ella, séquestrée depuis son adolescence par un dénommé John, avant de passer aux mains d'Asher, un chef de gang violent et sexy (avouez que vous ne visualisez pas le prince Harry). La saga Captive, dont c'était le deuxième tome et qui en compte aujourd'hui trois, s'est écoulée par centaines de milliers d'exemplaires et a été traduite en neuf langues. Et Sarah Rivens - dont le dernier né, baptisé Lakestone, se classait en tête des ventes début 2024 - peut se targuer, à 24 ans, d'être l'écrivaine algérienne la plus lue de l'Histoire. De même que la figure de proue d'un genre littéraire aussi rentable que controversé : la dark romance.
Texte Faustine Kopiejwski - Illustration Salomé Lahoche pour Les Inrockuptibles