Face à l’accumulation de témoignages, l’étau se resserre autour du chanteur. Et l’affaire devient politique.
« BRAVO, BRAVO, BRAVO ! » Jeudi soir, à Paris, Patrick Bruel est chaleureusement applaudi quand il salue, seul, le public du théâtre Édouard-VII. Des hommes et des femmes se lèvent pour l’acclamer. La représentation de la pièce Deuxième Partie vient de se terminer et le comédien paraît ému. Il pose une main sur son cœur et remercie les sept cents spectateurs. Il n’y a ni sifflet ni huée. Soupçonné de crimes sexuels, celui qui chante l’amour depuis les années 1980 est ici en terrain ami et semble trouver une forme de réconfort en montant sur scène devant une salle pleine et conquise alors que tout vacille. Dans son entourage, pourtant, on assure : « Psychologiquement, c’est très dur. » L’avocat Patrick Klugman, dont il est proche, ajoute : « Personne ne peut aller bien dans un tel contexte. » À la sortie du spectacle, une fan résume l’ambivalence : « Patrick, on l’aime malgré les accusations. » Une autre nuance : « Avec mes amies nous avons décidé de venir quand même, mais nous ne l’avons pas applaudi. Nous avions acheté les places avant le scandale. Aujourd’hui, après avoir entendu Flavie Flament, ça ne serait plus possible. » « C’est comme pour Depardieu, c’est fini », ajoute sa voisine. Quelques-uns admettent avoir ri jaune quand Patrick Bruel, dans la peau de son personnage d’amoureux transi, lance : « J’suis pas très moderne, moi. »
PAULINE DELASSUS ET CAROLINE VIGOUREUX, AVEC ÉRIC MANDEL