Trek Magazine - Ihérir Marcher vers l’eau du désert

Une reconnaissance dans des canyons oubliés. Des marches minérales transfigurées par la présence de l’eau s’enfonçant sous l’horizon des plateaux. De l’oued Indjaren jusqu’aux horizons de l’erg Admer, découverte de nouveaux visages des tassilis n’Ajjer…

Il a fallu des semaines d’enthousiasme et d’excitation différés. De préparation et de rêveries pleines d’hypothèses et de cartes satellites. Mais ce soir, le sourire d’Issa, perché sur un bloc qui domine le canyon sous nos yeux, a des allures de joie immense enfin libérée. La lumière presque dorée nimbe les strates régulières des parois de l’oued Indjaren, jusqu’au fil des ombres nettes des horizons du plateau. Elle tombe encore loin sous le regard, jusqu’à la présence éclatante et passablement inattendue des enclos et les maisons au toit de chaume lovées sur les rives verdoyantes du canyon… Nous sommes enfin à pied d’œuvre. Et ce premier vis-à-vis sur les jours qui nous attendent porte déjà à lui seul et en beauté bien des réponses à la quête d’Issa. Des générations de « Sahariens » ont follement aimé les immensités des tassilis n’Ajjer. Depuis l’oasis de Djanet, en partance pour une méharée vers Essendilène, d’une marche dans les splendeurs dunaires de la Tadrart, ou d’une découverte des plateaux sous classement UNESCO abritant l’un des plus vastes musées à ciel ouvert du globe (15 000 peintures et gravures rupestres couvrant 8 000 ans d’occupation humaine…), tous les amoureux du Sahara ont eu un aperçu de la puissance des Ajjer.