La confrontation entre l’État hébreu et le régime des mollahs constitue un nouveau choc au Proche-Orient. Nul, aujourd’hui, ne connaît son ampleur ni sa durée mais de celles-ci dépendra le remodelage de la région aux conséquences majeures pour le reste du monde.
L’interrogation prend de la vigueur : doit-on laisser le régime iranien des mollahs se doter de l’arme nucléaire ? Israël, directement menacé par Téhéran, y a répondu à sa manière. Depuis le 13 juin, son aviation mène des séries de frappes sur l’Iran, visant les sites militaires et nucléaires. L’opération a été baptisée « Rising Lion » (« Le lion se lève »). Depuis l’arrivée au pouvoir de Ruhollah Khomeyni, le père de la révolution islamique, ce régime islamiste ne cesse d’affirmer qu’« Israël doit être rayé de la carte », devenant même la capitale mondiale du négationnisme. Lancées au lendemain d’une résolution de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les « frappes préventives » de l’État hébreu, selon les termes employés par le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, visent aussi des scientifiques, ainsi que les cadres des gardiens de la révolution, bras armé du pouvoir à la pointe de la répression du mouvement « Femmes, vie, liberté ». Et, plus globalement, les dirigeants militaires. De quoi provoquer la colère de la République islamique d’Iran, qui réplique en faisant tomber une pluie de fusées sur les habitations du centre d’Israël. Lundi, les bilans officiels faisaient état, côté iranien, de 224 morts et de 1 200 blessés et de 24 morts et 500 blessés, côté israélien. Cette guerre sera-t-elle à l’origine d’une recomposition géopolitique au Proche-Orient ? Pour tenter d’éclairer la situation, Marianne a interrogé sept spécialistes du sujet.
Par la rédaction de “Marianne”