Cosmopolitan - On ne fait pas (souvent) l'AMOUR et tout va bien, merci !

Les couples qui se vantent de prendre leur pied plusieurs fois par semaine, c'est super, tant mieux pour eux. Mais soyons honnêtes : vous passez quand même davantage de temps à dormir, pas vrai ? Et vous savez quoi ? C'est parfaitement normal.

C'est une confession que l'on murmure à voix basse, entre copines : « En ce moment, on ne fait pas trop l'amour. » Et aussitôt, la gêne s'installe. Comme si l'avouer, c'était reconnaître un problème, une faille, et déclencher l'alerte rouge. Laurène, en couple avec Timothée depuis quatre ans et jeune maman, passe plus de temps en pyjama sur le canapé qu'à grimper aux rideaux en porte-jarretelles. « Honnêtement ? Je suis heureuse. On vit à notre rythme, et à celui de notre fille. On s'aime, on est très complices. Et pourtant, d'un coup, je me suis inquiétée pour notre sexualité. J'ai été prise de panique, comme si je m'étais souvenue d'avoir laissé une casserole sur le feu… La dernière fois qu'on a fait l'amour, c'était il y a trois semaines. Je ne ressens pas spécialement de manque et je n'ai pas l'impression que Timothée soit frustré, mais je me suis demandé si c'était “normal”. » Hop, on met le témoignage de Laurène sur pause pour se concentrer sur un mot qui paraît anodin de prime abord : la normalité. Comment la définir dans un couple, et plus précisément dans la sexualité ? Mais surtout, existe-t-elle vraiment ? La question à se poser serait plutôt : est-ce que c'est grave ? Voici quelques éléments de réponse : la guerre, oui, c'est grave. Un huissier qui frappe à la porte, pareil. Mettre les doigts dans la prise aussi. Mais ne pas s'envoyer en l'air comme des lapins ? Non, non, rien de dramatique. Car l'amour ne se mesure pas au nombre de câlins sous la couette. On peut vivre une relation solide et épanouissante sans pour autant enflammer les draps chaque soir. Bienvenue dans le club des couples qui ne font pas souvent l'amour et qui s'en portent très bien, merci pour eux.

Manon Pibouleau