Le bordel des tweeX réacs de Karla Sofía Gascón a poussé les autres oscarisables d’Emilia Pérez (douze, quand même) à prendre leurs distances avec la star du film, cover-girl de Première l’été dernier. L’opération damage control pourra-t-elle fonctionner ?
Avant de se pencher sur l’épineux cas Emilia Pérez, il faut rappeler l’espace paradoxal que Jacques Audiard occupe dans l’écosystème du septième art, entre sa couronne de roi de France incontesté (dix films, trente et un César dont deux du meilleur film et trois du meilleur réal, cinq prix à Cannes dont une Palme d’or), la reconnaissance globale (public, critique, collègues cinéastes internationaux) dont il jouit et la méfiance constante affichée par un pan de la french critic la plus intello à son égard, qui n’a eu de cesse de lui reprocher son « virilisme » (mot fréquent) et son appréhension (trop ? pas assez ?) de la modernité. Des petites dissonances, ici ou là, qui ont paradoxalement crédibilisé son statut en le préservant du piège suspect de l’unanimisme. En bref, Audiard a la carte, mais pas non plus une infinité de jokers dans son jeu.
◆ PAR GUILLAUME BONNET