Neige à 10 °C, grand soleil un jour d’averses… L’automatisation des prévisions avec le logiciel Alpha, imaginé pour pallier la saignée des effectifs et auteur de moult erreurs, suscite une nouvelle grève des météorologues ce mardi. Grâce à des documents internes inédits, «Libé» révèle l’étendue des incidents et la colère de nombreux clients.
Ils tenaient à prendre la parole avant de quitter l’assemblée. Trop de colères pour ne rien dire. Ce lundi 4 mars, la patronne de Météo France, Virginie Schwarz, entend s’adresser à ses équipes en visioconférence, et les prévisionnistes de l’institution veulent marquer le coup. Leur déclaration est prête. «Un exercice de communication [en visioconférence, ndlr] ne saurait répondre en lui-même au désarroi et à la colère des agent-es face à la minimisation des problèmes par la direction générale, se met à lire l’un d’eux. Les agent-es ne se reconnaissent plus dans la production actuelle et attendent une réelle volonté de la DG de se doter d’une chaîne de production digne de notre expertise et d’un établissement scientifique de renom.» Presque 400 personnes sont connectées. Des informaticiens, des développeurs, des gestionnaires de la maintenance et des systèmes d’observations, des climatologues. «Nous sommes lassés des beaux (ou moins beaux) discours, poursuit une seconde voix. Vous comprendrez que beaucoup préfèrent quitter ce temps d’échange ou n’ont tout simplement pas voulu y participer.» Les syndicats ne sont pas à la manœuvre. D’un coup, 80 prévisionnistes décident de se débrancher de la réunion.
Par Anaïs Moran